Renards et chats forestiers

Accusés à tort de maléfices...

 Très peu de renards arrivent à survivre autour de ma maison. Une haine farouche vaut à cet animal d'être exterminé. Il ne s'agit pas d'une simple régulation comme aime à le dire certain mais bien une tentative d'éradication. Evidemment son classement comme espèce nuisible, le fait qu'il soit porteur de l'échinococcose  maladie transmissible à l'homme laisse libre court à toutes les techniques permettant de le faire disparaître. Malgré cet acharnement il réussi a être encore présent. Dés que la neige tombe, les traces laissées lors de ses divagations sont les preuves de son existence, mais il est devenu exclusivement nocturne. Ce n'est pourtant pas la nuit qui le protège, il se fait tuer aussi facilement lors des tirs nocturnes que pendant la journée.

 Pourtant il y a trente ans, pendant mes études forestières nous pouvions consulter les comptes rendus scientifiques qui mettaient déjà en évidence l'utilité de cet animal. C'est un mangeur de micro-mammifères, l'analyse du contenu des estomacs de renards morts le montrait sans ambiguïté. Aujourd'hui son rôle d' auxiliaire commence à être perçu par le monde de l'agriculture, c'est une aide précieuse contre les ravageurs. il évite par sa prédation l'utilisation de produits anticoagulants qui impactent bien d'autres espèces. Souris, campagnols, rat, mulot ...etc sont la base alimentaire de nombreux animaux et oiseaux qui sont pourtant protégés par la loi mais qui meurent en consommant des proies empoisonnées . 

 Ainsi pour voir le renard, il ne me reste plus que la solution de partir vers des contrées où sa présence est mieux tolérée et même des pays où il est totalement respecté. Cela existe.

 Pour le chat sauvage, il en va de même. Bien que ce soit une espèce protégée depuis 2007, il est difficile de le voir. Lui aussi a très souvent été persécuté sur la base de récit incohérent le rendant capable de s'attaquer à des proies aussi grosses que le chevreuil. Il n'en est rien et ses proies de prédilection sont les micro-mammifères qu'il dispute au renard.Mais le chat sauvage est un forestier et c'est à l'abri des regards que se passe le plus clair de son existence. Il est si discret qu'en trente ans de photos dans la forêt de la Traconne j'ai eu toutes les peines à le voir. Je savais qu'il était présent car il était signalé dans l'inventaire de la faune vivant sur le massif. Il est toutefois plus facile à voir en période de brame. Je ne sais si c'est le dérangement occasionné par les grands cerfs, les effluves du rut qui masquent mon odeur ou si c'est la période de l'année ou le chat sauvage peut faire ses dernières réserves pour l'hiver mais c'est le seul moment où nos chemins se croisent.Là encore je contourne cette difficulté de pouvoir l'observer en me déplaçant. Dans le Jura en moins d'une semaine je reviens avec des images.

Je suis contient que le prendre en photo en train de muloter dans une prairie ne révèle pas le forestier qu'il est, mais il faut bien plus de temps que je n'en passe pour revenir avec d'autres attitudes et immortaliser les événements qui jalonnent sa vie. Parfois j'ai des doutes,faut il tout voir et tout savoir?

 Après tout ne vaut il pas mieux respecter ce petit animal si farouche en le laissant tranquille, pour qu'il continue à vivre au cœur de sa forêt dans l'ombre et le mystère?  

Renards


Chats forestiers...
...Et très sauvages